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Les Coursières
LE COURRIER AU TEMPS DES DILIGENCES
S’inspirant d’une époque avant la nationalisation de la poste où il fallait attendre le passage hebdomadaire de la diligence pour recevoir des nouvelles de ses proches, Les Coursières revisitent l’art épistolaire.
Une exposition pour vous raconter ça !
du 5 mai au 5 juin 2022
vernissage le 7 mai 2022, 14h
Maison de la Culture Mercier
8105 Rue Hochelaga, Montréal, H1L 2K9
Le volet montréalais du projet fut réalisé dans le cadre d’une résidence de recherche-création en médiation culturelle offerte par les Maisons de la culture Maisonneuve et Mercier.
Cette exposition a bénéficié du soutien financier de l’Entente sur le développement culturel conclue entre la Ville de Montréal et le Ministère de la Culture et des Communications.
L’idéation des Coursières et de leur chariot-diligence est le fruit d’une série de résidences en art infiltrant au 3e impérial, centre d’essai en art actuel, à Granby.
Une création de:
Karine Galarneau et Mélanie Binette
2019-2022
Concocté au fil de plusieurs résidences artistiques, ce projet d’art relationnel se déploie comme une série de pratiques ambulatoires et d’ateliers de correspondances dans des milieux pour aîné.es à Montréal et à Granby. 
Genèse – L’Outlet Road
En mai 2018, Karine Galarneau et Mélanie Binette répondent à un appel à projet du 3e impérial, centre d’essai en art actuel à Granby, en proposant de créer un «service» de Coursières qui livrerait des missives à partir d’un petit chariot de distribution rappelant les diligences. L’idée était de s’inspirer du temps où la route 112 était connue comme l’Outlet Road et qu’elle était parcourue par un service de «stagecoach» transportant passagers.ères et courrier depuis Montréal jusqu’à la frontière américaine à Stansted.  Dépendamment de la saison et de l’état des routes, ce trajet pouvait durer 16 heures !
Penpals, ou les ami.es du crayon
Afin de mettre en action leur petit chariot de distribution et d’entamer une discussion sur nos différents rapports au temps et aux lieux, les Coursières décident d’offrir des ateliers de correspondances sur cartes postales (ou cartes de Noël pour les fêtes). De décembre 2019 à décembre 2020, les Coursières ont orchestré des échanges entre des aîné.es vivant aux Résidences Soleil Manoir Granby et les locataires des lofts de l’ancienne usine Imperial Tobacco. Des biscuits maison ou du vin étaient servis pour l’occasion (avant la pandémie!)
Iconographie du territoire
Le format de la carte postale a servi à inscrire le territoire dans la correspondance. Les cartes furent fabriquées à partir d’aquarelles peintes par les Coursières, représentant des lieux significatifs de la région, parfois disparus depuis longtemps ou transformés. L’écriture était ainsi dirigée autour de la mémoire des lieux et des différentes époques qui les ont traversés. Danser la «bavaroise» à l’Hôtel Windsor (désormais disparu) ou conseiller le Maire Boivin dans ses plans d’urbanisme, ces images activaient des souvenirs encore bien vifs pour nos participant.es.
Revêtir l’uniforme
Lors de leurs résidences artistiques à Granby, les Coursières se sont intéressées aux rôles sociaux des maîtres de poste et des facteurs/trices dans les communautés urbaines et rurales. Elles ont effectué des recherches à la Société d’histoire de la Haute-Yamaska sur l’histoire de la poste au Canada et ont interviewé des maîtres de poste et des facteurs/trices toujours en fonction ou à la retraite. Ces récits ont contribué à définir leurs rôles et leurs responsabilités de Coursières, afin qu’elles puissent elles aussi faire honneur à leur uniforme !
Retour dans la grand’ville !
Grâce à un appel à projet des Maisons de la culture dans l’arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, les Coursières ont pu redéployer leur chariot dans un tout nouveau contexte. De novembre 2021 à avril 2022, elles ont orchestré des correspondances entre des aîné.es résidant aux Habitations Viauville et aux Habitations Longue-Pointe et des membres du centre communautaire Le Chez-Nous de Mercier-Est. Il était aussi possible pour les participant.es de simplement se joindre à la discussion qui tournait autour du contenu des cartes postales ou encore de correspondre avec un.e de leurs proches. Au besoin, les Coursières prêtaient leurs mains comme écrivaines publiques. 
Des quartiers qui se transforment
Mercier-Hochelaga-Maisonneuve est un arrondissement immense, dont les quartiers se sont développés à des rythmes très différents pour parfois même disparaître, comme c’est le cas de Guybourg suite à la construction du pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine. La recherche iconographique a été vaste pour ces quartiers que les Coursières connaissent très bien puisqu’elles habitent toutes deux Hochelaga. À chaque atelier d’écriture, elles recueillaient les suggestions des participant.es pour inspirer de nouvelles cartes postales. Ainsi, du fameux Café de l’est, où le fun s’étirait jusqu’au petit matin, à la très regrettée Église Saint-François d’Assise, elles ont peint des lieux qui animaient les souvenirs de leurs participant.es. Mais elles se sont aussi amusées à déterrer de vieux fantômes, comme le Parc Dominion (1906-1937) ou les plans originaux de Marius Dufresne pour le parc Maisonneuve (1911-1917).
Sur patins ou sur roues !
Les Coursières ont assuré la distribution du courrier pour tous les échanges entre les participant.es aux correspondances. Été comme hiver, elles acheminaient (parfois) leur courrier à pied à l’aide de leur petit chariot de malle-poste, afin de rappeler les dimensions physiques du temps qu’une lettre met à voyager. Cela leur permettait de questionner la vitesse avec laquelle les communications sont effectuées à l’ère du numérique et l’impératif contemporain de répondre à la seconde même où nous recevons des notifications.  Un retour vers la poste écrite – cette forme de communication ralentie, réflexive et empathique, ancrée dans la temporalité et le territoire – permettra peut-être de mieux saisir ce présent qui nous échappe. 
Crédits photo:
Swann Bertholin, Mélanie Binette, Christophe Boisseau-Dion, Ann-Marie Hamel, Patrick Ma et Marie-Claude de Souza.